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Prefet 03

Maçons Site v 0048Le samedi 3 octobre 2015, 80 adhérents de l'association des maçons de la Creuse sont venus visiter l'ancien Hôpital de La charité.

Un de leur ancêtre entrepreneur de maçonnerie, Henri Loulergue, a été à l'origine de la construction de l'ensemble des bâtiments durant les années 1909 - 1915.

Veuillez trouver ci-dessous l'article de M. Roland Nicoux président de ladite association.

Un hôpital aux bâtiments imposants à Lavault-Sainte-Anne, commune limitrophe à Montluçon et une inscription signalée par un de nos adhérents, Alain Béllier, dans un ouvrage consacré à cet établissement : « gros-œuvre réalisé par Henri Loulergue, maçon creusois de Clairavaux dans la Creuse », ont été suffisants pour nous donner envie d’en savoir plus, aussi bien sur la construction que sur l’entrepreneur et le désir de faire partager nos découvertes lors d’une sortie comme le pratique l’association depuis de nombreuses années.

Maçons site v 0059Une collaboration se met alors en place entre la municipalité et des associations de Lavault-Sainte-Anne, propriétaire des archives de la construction de cet établissement et quelques membres de l’association. Plusieurs mois de recherches dans la Creuse et dans l’Allier sont nécessaires pour décrypter une histoire originale se déroulant entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, mêlant Vicomte, legs, Etat, collectivités et construction d’un hôpital.

Tout commence comme un conte de fées, une petite commune de 450 habitants, Lavault-Sainte-Anne, hérite en 1893 d’un don du Vicomte Pailhous, propriétaire d’un château et d’un domaine sur la commune, sous forme d’argent qui peut s’estimer à plus de 8,5 millions d’Euros an 2000 pour la construction d’un hôpital pour recevoir les enfants pauvres, ainsi qu’un asile pour les jeunes filles et un orphelinat agricole pour les garçons.

Mais les choses se compliquent, les conditions émises dans le testament par le Vicomte et l’évolution de la législation qui ira jusqu’à l’adoption, en 1905, de la Loi de séparation des églises et de l’Etat, créent des conflits jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, et perturbent l’avancement du projet. Pas moins de 3 études d’architecte, entre 1897 et 1908, sont nécessaires avant la bonne adjudication des lots du marché, soit une route, un pont de 58 m de portée, l’ensemble des bâtiments de l’hôpital et le pavillon du gardien. Et ce n’est qu’en 1915 qu’auront lieu les dernières réceptions. Il aura fallu plus de 30 ans pour arriver au terme du projet, les travaux sont tout juste terminés lorsque la France entre en guerre, l’établissement est réquisitionné en hôpital temporaire et le restera jusqu’en 1919.

Maçons Pont du Garde v0072Dans un diaporama très illustré, l’association, qui a retrouvé pas moins de 3 entrepreneurs d’origine creusoise sur le chantier, dont Henri Loulergue, a présenté le résultat de ses recherches sur la famille originaire de Clairavaux qui a pratiqué la migration sur 4 générations. L’arrière-grand-père, originaire de Poussanges, était tuilier, le grand-père a terminé sa carrière comme maître maçon, ses 4 garçons lui ont succédé dont 3 sont devenus entrepreneurs et les petits-enfants ont poursuivi dans le bâtiment après des études d’ingénieur pour 2 d’entre eux. Leurs destinations principales étant cantonnées dans la Loire, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme et l’Allier, c’est naturellement que le Creusois a été conduit à soumissionner sur ce gros chantier de Lavault-Sainte-Anne.

La visite intérieure de quelques bâtiments et de la chapelle et la visite extérieure de ce qui est devenu un Ephad, une unité de soins Alzheimer et un centre social rural a complété le diaporama.

Roland Nicoux