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Actualite - De belles journées du patrimoine
  • jeudi 21 septembre 2017.
Le centre bourg
Le centre bourg

Le terme de toponymie doit être clairement expliqué: il provient de topos, signifiant « lieu », et de onuma, signifiant « nom ». La toponymie est donc l'étude linguistique ou historique des noms de lieux (on peut dire : «  La Toponomastique »). Mais le terme de toponymie étant le plus employé, c‘est donc lui que nous utiliserons.

Pour l'étude toponymique des 20 noms des divers lieux de notre commune que nous voulions vous faire connaître, nous avons demandé l'aide, la compétence et l'érudition de Monsieur Piboule, très connu dans notre région ( et même sur le territoire français pour quelques-unes de ses grandes études). (...)

Le terme de toponymie doit être clairement expliqué: il provient de topos, signifiant « lieu », et de onuma, signifiant « nom ». La toponymie est donc l'étude linguistique ou historique des noms de lieux (on peut dire : «  La Toponomastique »). Mais le terme de toponymie étant le plus employé, c‘est donc lui que nous utiliserons.

Pour l'étude toponymique des 20 noms des divers lieux de notre commune que nous voulions vous faire connaître, nous avons demandé l'aide, la compétence et l'érudition de Monsieur Piboule, très connu dans notre région ( et même sur le territoire français pour quelques-unes de ses grandes études). Lisons donc ensemble ce qu'il a écrit pour nous :


Lavault-Sainte-anne

Les formes anciennes du nom indiquent "VALIS SANCTI ANNA" au XVIe siècle, puis "LA-VAU-SUR-CHER", "LAVAU Ste ANNE", "VAL Ste ANNE" , "LAVAUX", "LAVAULT-Ste-ANNE".

Apparement on peut penser qu'il provient de la situation du Bourg dans cette vallée. Il faut cependant se défier de ce type de toponymie et de cette explication qui paraît la plus naturelle. La conservation du T pourrait provenir d'un ancien "volta" ou "voulte" signifiant la courbe, celle de la rivière, et qui est devenue "vault".

D'autre part, vaux et vallon toujours dans la vallée, ont la même forme ancienne, et ont connu d'anciens emplacements fortifiés. A Lavault -Ste-Anne, tout souvenir de château a disparu. On note cependant, en 1657 un Pierre de la Garde, seigneur de la Vault, conjointement avec ses deux frères, tous deux nommés Gilbert. Or ce toponyme est caractéristique d'anciennes fortifications, souvent d'origine religieuse (exemple: Lavaufranche ). Plutôt que de Vallée, Lavault parait dériver de Vallum: terrassement de fortification.

Mais si château il y a eu, où était-il situé, et qu'est-il devenu ? il est cependant difficilement pensable que ce bourg, situé à l'entrée du Cher, ne possédait pas de défenses.

On a accolé à Lavault le nom de Sainte Anne, car cette sainte était la "patronne des eaux calmes", en opposition avec des saints comme Marien, "Saints sauroctones' (tueurs de dragons), le dragon étant symbolisé par le Cher et tous les méfaits dont il était capable autrefois.

Un auteur Monsieur MEILLET parle en termes effrayants et dithyrambiques de la navigation sur le Haut-Cher. Il note plus de 20 victimes englouties, en un demi-siècle, au dangereux passage des lIes. On se croirait presque au large d'Ouessant. Notons en passant que le territoire de Lavaut s'étendait jusqu'au hameau des Iles, appelé alors " Les Vicilles lles ". Continuons de citer Monsieur MEJLLET: "Déjà l'orage gronde, au fatal passage des Iles; Le front pétilleux d'un rocher soulève les flots, dans les usines ( amenées d'eau des moulins ) du Theil et de Lavault-Ste-Anne; Dieux! Ils font frémir les habitants des environs par leur bruit épouvantable, en descendant ces rochers de cascade. . . Quelle effroyable tempête s'élève dans l'air! . . . . (propos de Monsieur MEILLET cités par Monsieur PIBOULE).

Il serait bon, maintenant de citer l'Abbé Baublat qui, à propos du nom de Lavault-Ste-Anne, donne son avis en ces termes: . . . " (le ) nom de Lavault: evidemment il fut imposé par le site. C'est bien en effet une vallée, un vallon, un val que forment ses côteaux qui encadrent le Cher et le Bourg. Mais comme les côteaux sont modestes, le vallon très resserré, il semble que les vieux Lavaultois aient eu à coeur d'exprimer tout cela en inventant un diminutif et, au lieu d'appeler leur Bourg Vallon ou Vaux, Ils le baptisèrent Lavault.

Ce nom de Lavault qui a plutôt l'air de venir du mot anglais "Vault "lequel signifie voûte, cave, caverne, tombeau, que des mots français vallon, vallée, parut-il à d'aucun peu correct au point de vue étymologique, ou insuffisamment expressif ? On croirait à en juger par les tentatives qu'ils firent pour lui subtituer celui plus gracieux, plus poétique de "Val Sainte Anne ".

Nous trouvons ce nom pour la première fois dans le traité passé le 24 Avril  1640 entre François et l'Ausbépier, Abbé de Menat et Prieuré de Lavault, et noble Nicolas Bondet Curé de Lavault, traité par lequel le Curé de Lavault accepte de pourvoir au service spirituel du prieuré.Tout au long de cet acte, le prieuré est appelé "Prieuré du Val Sainte ", et le curé: " curé du Val Sainte Anne ".

Le Curé Bondet se servit lui aussi de ce nom, mais quelquefois seulement tandis qu'un des successeurs, le Curé Bedet, s'entêta, peut-on dire, à le faire triompher. De 1677 jusqu'en 1705, c'est à dire tout le temps qu'il fut à Lavault, il l'employa à peu près exclusivement dans les nombreux actes qu'il eut à rédiger; mais avec lui disparut, et en vérité c'est fâcheux, ce nom frais et gracieux évocateur de vallons fleuris, de ruisseaux qui murmurent, de petits oiseaux qui chantent, de brise parfumée, lequel nom méritait une fortune.

A noter que l'orthographe du mot Lavault fut lontemps indécise, les actes le donnent écrit un peu de toutes les façons. Dans un texte de 1499 Lavault est nommé De Valle.

A la révolution, le nom de Sainte Anne, accolé à celui de Lavault, fut supprimé naturellement comme trop clérical.

En 1793, les autorités de Montluçon, paraphant les registres de l'Etat Civil, écrivent Lavaux, puis en 1794 Lavault-sur-Cher.

Après la période révolutionnaire, on revînt pour changer à la vieille ortho­graphe de LA VAULT SAINTE ANNE.

Il était une fois lavault

 

Source : Il etait une fois Lavault... édité en 1987
par Le FOYER D'EDUCATION POPULAIRE, ouvrage épuisé.